| Ismaël
Isaac, Kaba Diakité Issiaka dans le civil, est né
à Abidjan en 1966. Ses parents viennent de Ponodougou, sous-préfecture
de Boundiali. Ils parlent le mandingo, l'une des langues du royaume mandingue,
et s'expriment dans d'autres dialectes: malinké, bambara, dioula...
Aussi, lorsqu'ils se déplacèrent pour finalement arriver
au quartier de Treichville à Abidjan avec sa population de déracinés
échoués dans le bric à brac urbain, (le Treichville
de Jean Rouch, "Treichtown" pour les amateurs de reggae), les
parents d'Ismaël s'y sentent chez eux. Mais à
Treichville, les campagnes de vaccination ne sont pas encore de mode et
à l'âge de deux ans, leur fils aîné Issiaka
est terrassé par la polio.
C'est la fin des années 70. Issiaka écoute le funk et rêve
de smurfer comme les kids américains qu'il voit à la télé.
En 1981 Bob Marley meurt, et les aînés se
mettent à écouter beaucoup de reggae.
Un soir à
l'émission télévisée "première
Chance" de Roger Fulgence Kassy, la Côte d'Ivoire
découvre Alpha Blondy. Lui aussi chante en dioula
autre dialecte mandingue. Pour Issiaka, la voie est tracée. Il
se choisit un nom d'artiste, Ismaël Isaac, et fait
le siège de la télévision ivoirienne. Il se faufile
sur le plateau de "Première Chance", mais personne ne
veut l'écouter. Un jour, alors que les musiciens sont partis déjeuner.
Georges Kouakou voit Ismaël tapi dans un coin. "Moi
aussi je veux chanter!". Georges clavier et arrangeur de l'orchestre
de la Radio Télévision Ivoirienne, est tout de suite conquis.
Il
amène son protégé voir Roger Fulgence Kassy
qui décide sur le champ de le programmer à "Première
Chance".
Ismaël
se consacre à sa carrière. Il travaille le chant avec les
frères Keita, Hassan et Ousseine
deux jumeaux du quartier, il a trouvé un producteur. Koné
Dodo, avec qui il enregistre deux cassettes, "Liberté"
et "Tchilaba" en (86), "Yatiman" en (89) avec Aboubacar
Sidiki Doumbia. Peu après, Ousseine Keita
meurt d'une tubercullose mal soignée, et Ismaël
veut tout arrêter. Il enregistrera par la suite "Rahman"(90),
son premier CD, produit par Ibrahima Sylla avec Moctar
Wurie et Boncana Maïga. Le succès
de "Rahman" le fera connaitre jusqu'en métropole où
Philippe Constantin le signe pour Island Records,
"Taxi Jump" sort en 1993, avec Godwin Logie
à la console et une pléiade de grands noms. Après
le décès de son producteur, Ismaël Isaac
quitte Polygram.
Pour "Treich
Feeling " en (97), Ismaël Isaac signe chez
Dominique Misslin et confie la plupart des arrangements
à Georges Kouakou, que l'on fait venir de New
York pour l'occasion, d'autres à Moctar Wurie,
tous deux complices de longue date, ainsi qu'a Cheick Tidiane
Seck, représentant de la modernité mandingue. La
majorité des musiciens est constitué par les "Vieux"
d'Abidjan : Camus, Mao, Sam,
Ibis, Christian Polloni et Amy
Bamba (qui ont joué avec Alpha Blondy),
Etienne M'Bappé et les cuivres (musiciens de Salif
Keita). Le style se rapproche du dépouillement de "Rahman",
mais avec une coloration plus avenante.
Puis en l'an 2000, Ismaël Isaac sort "Black
System" produit par Ibrahima Sylla en collaboration
avec la Société Showbiz.
De sa voix
candide, Ismaël énonce les enseignements
que la vie lui apportés.
Le tout
dans des teintes de noblesse et d'humilité qui ont toujours été
les siennes, avec sa foi profonde dans les valeurs d'humanité :
les paroles d'un homme debout que rien ne peut abattre.
Aboubacar
Sidiki Doumbia (Manager)
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