Dix
ans du Zouglou ça "réussit" toujours !
Epiphénomène à ses débuts en une véritable
déferlante. Depuis dix ans, ce rythme dicte sa loi aux autres musiques
Ivoiriennes. Au point même de devenir Inconfortable.
Origine
du Zouglou
En enclenchant le mouvement en 1991 Bilé Didier
et ses amis du groupe "Les Parents du Campus"
ne s'attendaient certainement pas à une telle longévité
du Zouglou. Le rythme, inspiré des revendications estudiantines
est une des conséquences de la liberté d'expression née
de la vague du multipartisme qui a secoué le continent africain
en 1990.
Intelligemment Bilé Didier et son groupe vont
adapter les chansons d'animation au contexte pour en faire une musique
de contestation aux pouvoirs publics actuellement indexés, on brandit
le chapelet de revendications pour l'amélioration des conditions
d'étude et de vie au campus universitaire. Pour simple coup d'essai
il donne l'album "Gboglo Koffi" et la chanson éponyme
bouleverse la donne musicale. L'oeuvre défraie la chronique et
pulvérise les records: on parle de plus de 90.000 cassettes audio
vendues en moins de 3 mois; ce succès incroyable crée un
déclic. On assiste alors à la renaissance d'une cinquantaine
d'autres groupes.
Porte
étendard de la musique Ivoirienne
Le succès des "Parents du Campus" a
connu un engouement tel qu'on voit naître une multiplicité
de groupes. On citera entre autre les groupes Zougloumania,
System Gazeur, Esprit de Yop... etc.
Cet échantillonnage est représentatif de la nouvelle génération
d'artistes ivoiriens s'inspirant des tribulations de la société
Ivoirienne pour interpeller les consciences. Ainsi seront servies les
chansons parfois caustiques, satiriques avec un langage de fait du compromis.
Avec les Salopards,
auteur d'un album aux textes incisifs sorti en 1997, le Zouglou prend
des allures d'un mouvement de plus en plus militant.
"Bouche B", titre de l'opus, est une sorte de chronique de la
cité qui met a l'index les maires d'Abidjan. Le prétexte
tout trouvé: l'insalubrité criarde de la ville.
Avant les Salopards,
les Poussins Chocs donne une autre dimension au Zouglou
avec l'album "Asco-Kotoko". Une façon pour eux d'édulcorer
la tension qui avait entraîné le conflit meurtrier entre
ghanéens et ivoiriens après le match de football entre l'Asec
et le club ghanéen de l'Ashanti Kotoko.
En dépit du foisonnement de rythmes dérivés, le Zouglou
tient bien le haut du pavé. Ce rythme auquel certains avaient prédit
une mort instantanée est bel et bien vivant. Mieux, le Zouglou
a réussi à contester l'hégémonie des autres
musiques venues d'ailleurs. |